Défilé du 27 janvier 2013

Dans un article paru dans la newsletter du journal La Croix du 27/01/2013 et signé par Pierre Bienvault , article relatant le défilé du dimanche 27 janvier à Paris pour la défense du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe,  on pouvait lire :

Au cœur du cortège, Jean-Jacques Berel défile en brandissant une petite affiche. « Ma fille est lesbienne et heureuse. Mon fils est gay et je l’aime. »

 Si la fille de cet homme est heureuse, tant mieux pour elle, tant mieux pour lui; quant à son fils, encore heureux qu’il l’aime ! Manquerait plus qu’il le rejette à cause de son homosexualité !

En effet, que nos enfants soient blancs, noirs, rouges, beaux, affreux, super intelligents, handicapés, homo, hétéro, petits, grands, gros, maigres, ou que sais-je, notre devoir de parents n’est-il pas de les accueillir et de les aimer tels qu’ils sont. On peut choisir son conjoint, on ne choisit pas ses enfants ; jamais ! Les enfants nous sont donnés, confiés pour un temps. Et quand vient pour eux le moment de voler de leurs propres ailes, nous ne pouvons que nous en réjouir et continuer à les aimer, silencieusement ; après les avoir portés dans nos bras, lâcher leurs mains, continuer à les porter au plus profond de notre cœur. « Nos » enfants ne nous appartiennent pas.

L’article continue :

 « J’ai trois enfants dont deux sont homos. Et c’est mon rôle de parent de me battre pour qu’ils aient les mêmes droits que les autres. Le droit de se marier ou de fonder une famille », explique Jean-Jacques Berel

Ne me parlez pas de « droit à l’enfant »! Un enfant vient toujours de loin, de très loin, un enfant est un cadeau, cadeau de Dieu pour les croyants, cadeau de la Vie pour tous les hommes. Recevoir un cadeau est une chance, pas un droit.

« Fonder une famille » ok ; mais qu’entendons-nous par « famille » ? À chacun de nous d’y réfléchir !

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément…

(magnet aperçu dans la vitrine d’une papeterie à Ribeauvillé)

Un autre écrit qui m’interpelle et que j’aimerais soumettre à votre réflexion…les paroles de Marcel Rufo :

« J’ai toujours été favorable à l’adoption homoparentale. Si le couple homosexuel est constitué, je propose qu’il passe par trois étapes pour avoir le droit d’adopter. Tout d’abord, qu’il soit pacsé (ou marié) depuis plusieurs années (cinq par exemple) et constitué comme un couple hétérosexuel. Puis, qu’il suive les mêmes procédures d’adoption que les couples hétérosexuels (il n’existe pas de différence pour moi dans l’évaluation). La troisième condition serait plus originale, dans le sens où il s’agirait d’une « adoption de famille » plutôt que d’une adoption par un couple. Il devrait y avoir des tantes et des grands-mères, des oncles et des grands-pères, offrant à l’enfant élevé par deux garçons une part féminine, ou par deux filles une part masculine. Cette adoption de famille modifierait l’adoption plénière: ce ne serait pas seulement un couple qui adopte mais la famille entière. »

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6 réflexions sur “Défilé du 27 janvier 2013

  1. Je suis fatigué par ces débats incessants qui passent en boucle sur les médias en ignorant les problèmes plus graves que beaucoup connaissent en ce moment (chômage, problèmes de logement et j’en passe). On nous détourne des vrais problèmes en débattant de ceux qui n’en sont pas réellement. Qu’on autorise le mariage ne me dérange pas vraiment, mais qu’on ne touche pas à la notion de famille, car même quand les parents sont séparés, il y aura toujours un papa et une maman à qui on peut se confier. Une famille est et restera pour moi toujours un père et une mère. C’est pour cela que je suis farouchement contre toute idée d’adoption ou de procréation assistée pour les couples homosexuels.

  2. Il me semble que les lignes ont commencé à bouger il y a quelques décennies par l’usage du mot « gay » en lieu et place du mot « homosexuel », auquel a rapidement été associé la « friendly » couleur rose.

    Les mots sont importants.
    Leur origine,
    Leurs usages,
    Ce qu’ils cachent,
    Leur couleur,
    Leur rythme,
    Leur phonétique.

    Origine
    Gay est un mot anglo-saxon, comme le « rock’n roll », considéré par beaucoup comme un progrès, une libération musicale.

    Homosexuel vient du grec, ancien, forcément ancien, fini, archaïque et contraignant comme les déclinaisons laborieuses de mes cours de 4ème.

    Développement de l’usage
    Il n’y a pas si longtemps, « Gay » est devenu le mot utilisé par la communauté concernée.

    On a commencé par parler de « club gay », de « bar gay ».

    Le mot étant toujours associé à une différence vécue dans la joie et la fierté.

    C’est à ce moment qu’est apparue la Gay pride. Nous étions en 1981.

    Puis en 1995 est venu Têtu, le gay journal et en 2004 Pink est la première télé « gay ».

    Media faisant loi, le terme s’est ensuite répandu dans le langage courant. Puisque les homosexuels se nommaient eux-mêmes « gay », pour marquer sa compréhension, montrer qu’on les acceptait tels qu’ils étaient, pour leur souhaiter la bienvenue dans une France enfin libre (dépénalisation de l’homosexualité en 1982), il est alors devenu de bon ton de dire d’un homosexuel qu’il était « gay ». C’est devenu un acte de tolérance.

    Parallèlement, la haute couture a gayment brouillé – sur scène – les codes vestimentaires et sexuels.
    M. Gaultier a mis une jupe à un homme (1985), beaucoup d’autres ont suivi. Les mannequins féminins sont devenus de plus en plus maigres, et se sont approprié les costumes trois pièces.

    Non-dits
    Pendant ce temps, par opposition, « homosexuel » est devenu un terme quasi scientifique, et donc froid, clinique, à vite ranger au rayon des maladies.
    Blouses blanches.
    Blues blanc.
    Sida.
    Nous sommes en 1981. La maladie s’abat sur le monde. Les rubans fleurissent. De rose, ils deviennent rouges. Les relations se crispent. Méfiance et rejet d’un côté alimentent pitié en compassion de l’autre. Devant la maladie et la mort, les uns poussent dans la fosse tandis que les autres forment une chaîne de solidarité pour tenter d’empêcher les malades de tomber.

    « Homo » rime avec « Ouh ! C’est pas beau ! » dans la bouche d’idiots.

    Idiots de tous bords, pros ou antis, ceux qui le disent et ceux qui le pensent de ceux qui ne disent finalement … qu’« homos ».

    A part quelques scientifiques autorisés par la censure sociale, il est devenu difficile de prononcer « homosexuel » sans être jaugé voir jugé.

    Pour être pour, il faut dire « gay », s’il l’on prononce « homosexuel », c’est qu’on ne l’est pas… très gai.

    Couleur
    Tandis donc que l’homo est banal, et lave ses blouses blanches, il se vit l’âme en peine. « A l´heure où naît un jour nouveau l’homo rentre retrouver son lot de solitude », pouvait-on presque entendre dans le refrain de Charles Aznavour dès 1972 (« Comme ils disent »).

    Il faut dire qu’à côté, gay est joyeux, coloré, métissé et transgressif comme un langage codé, un argot connu des seuls initiés. Comme l’arc en ciel reggae (re-gay ?) des banderoles des manifestants.

    Rythme et musique
    Et l’on se prend à rêver d’un cortège de caraïbéens joyeux et musculeux frappant leurs steel drums mélodieux le long de la Gay pride. La peau bronzée, la joie aux lèvres, les muscles saillants, ils dansent. Être « Gay », c’est une syllabe, un son court qui claque doucement au palais comme une fessée, comme un baiser.

    Être ho-mo-sex-u-el, c’est 5 syllabes qui s’entrechoquent.
    Ouvertes par le « Ô » de la honte (« je suis homme, Oh, comme ils disent » semble être les termes originaux de la chanson), elles sifflent ensuite sur le « sex » du serpent à peine remis de la chute d’Adam. S’ensuivent le « u » de la bouche en… cul de poule, et le « l », mourant inachevé sur le palais, comme un aveu inavoué.

    Les mots ont leur importance. La confusion est vite faite entre un terme et ce qu’il représente. L’homosexualité n’est ni gay ni gaie. Pas plus que le manque d’amour des uns pour les autres.

    Pourquoi sommes-nous pour ? Pourquoi sommes-nous contre ?

    Si, de chaque côté de la barricade, nous nous demandons quelles sont nos différences, ne finiront-elles pas naturellement par s’estomper ? Alors nous pourrons emprunter le chemin du dialogue et du respect.

    • Christophe, merci pour ce long commentaire. J’en apprécie tout spécialement ta dernière phrase, invitation à emprunter le chemin du dialogue et du respect mutuel.

  3. Merci, Anne, pour ton blog que je découvre avec joie dans toute sa splendeur et sa variété.
    Pour ce qui est du mariage pour tous, j’ai pas mal de données d’un peu partout. C’est un sérieux problème de société et d’humanité…
    avec toute mon amitié.
    Adalbert sm.

  4. Merci Magali ! Vos petits cœurs pleins de couleurs et si différents les uns des autres sont ravissants. Je vous souhaite bonne chance dans votre métier d’illustratrice. Ayant moi-même une fille illustratrice, je sais combien votre métier est beau mais également combien il est difficile de percer dans cette profession. Merci de votre visite sur mon blog. Qui sait, peut-être à une prochaine ?

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