À nos amis suisses … Nous sommes tous des étrangers !

 Par une courte majorité et une forte participation, vous avez décidé dimanche de limiter l’immigration.

Vous souhaitez le rétablissement des quotas pour les travailleurs européens.

Pourquoi nous claquez-vous ainsi la porte au nez ? Pourquoi ?

Je suis née française et vis en Alsace, au carrefour de l’Allemagne, de la Suisse et de la France.

Mon père est né allemand.  Certains de mes ancêtres viennent de Suisse…

Le Rhin, tel un trait d’union, coule dans nos trois pays.

Alors ne serait-il pas plus judicieux de nous épauler mutuellement,

de travailler ensemble à l’élaboration d’un monde plus humain ?

Au lieu de construire des murs, construisons des ponts !

L’étranger n’est qu’un ami que l’on ne connaît pas encore,

un frère à aimer.

Capture

GomS – die Gesellschaft für eine offene und moderne Schweiz

« Au référendum organisé dimanche contre « l’immigration de masse », les Suisses ont répondu – à une toute petite majorité, mais une majorité quand même – qu’ils voulaient une limitation et des quotas. Faut-il s’en étonner, quand, dans d’autres pays européens, se manifestent les mêmes inquiétudes, parfois largement attisées par des partis politiques qui en font leur cheval de bataille. En France, le FN et, en Angleterre, le parti eurosceptique Ukip ont d’ailleurs salué dans ce résultat une « merveilleuse nouvelle ».

Il est, dans cet événement, un point à méditer. Dans ce petit pays, les étrangers représentent 1,8 million de personnes (plus de 23 % de la population), mais 1,2 million de ces immigrés sont des Européens. Cette « immigration de masse » qui dérange une partie des Suisses, qui surcharge les transports en commun et entraîne une pénurie de logements, ce sont des Allemands, des Italiens, des Portugais, des Français… Les étrangers des Suisses, c’est nous. D’une culture pas si étrangère aux différentes cultures qui font la diversité suisse, d’une religion ou d’une absence de religion qui ne bouscule guère les racines chrétiennes de la population helvétique de souche ! Où l’on comprend à ses dépens qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un et qu’il est déplaisant d’apparaître indésirable aux yeux de ses amis.

Il reste aux autorités suisses à concrétiser cette aspiration d’une partie de leurs citoyens, à la faire entrer dans les textes juridiques. D’une manière qui ne heurte pas trop l’Union européenne, très attachée à la libre circulation des personnes, et surtout qui préserve les intérêts économiques de la Suisse. Car ces étrangers sont des travailleurs, essentiels dans une société épargnée par le chômage de masse ; ils font tourner la belle mécanique helvétique. À leur profit, certes, et celui de leurs pays d’origine, mais aussi au bénéfice de la Suisse elle-même. À l’heure des élections européennes, où sera largement et légitimement posée la question des migrations, chacun devra se souvenir de cet échange gagnant-gagnant souhaitable et de l’effet douloureux d’une porte claquée au nez de son voisin. »

Dominique Quinio

La Croix – 10/2/14

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2 réflexions sur “À nos amis suisses … Nous sommes tous des étrangers !

  1. Bonsoir,

    Juste deux précisions.

    Les chiffres sur le chômage en Suisse, représentent une partie des demandeurs d’emplois. Le bas pourcentage représente les chômeurs, c’est à dire les personnes inscrites à l’office du chômage. Beaucoup ne remplissent pas les conditions requises par cet office et n’entrent pas dans les statistiques. Par exemple, les personnes mariées qui cherchent un travail sans être inscrites à l’office du chômage, les personnes qui ont été malades (accidentées) plusieurs mois, etc, etc

    Le plus grand groupe, sont les chômeurs qui n’ont pas retrouvé du travail suffisamment vite et après un temps variable d’un canton à l’autre, et qui se retrouvent après généralement 18 mois en ‘mesure de crise’. Ils sortent des statistiques, ils ne sont plus des ‘chômeurs’ mais ils restent des demandeurs d’emplois à la recherche d’un emplois ! 🙂

    Mais nos politiques ‘jouent’ sur les chiffres afin de ‘faire croire’ que nous serions un pays d’exception …

    Pour cette phrase de l’article : Cette « immigration de masse » qui dérange une partie des Suisses, qui surcharge les transports en commun et entraîne une pénurie de logements, ce sont des Allemands, des Italiens, des Portugais, des Français…

    Beaucoup sont frontaliers. Beaucoup d’entreprises frontalières, sur sol suisse, ont ‘gelés les engagements des résidents suisses, toutes nationalités confondues, pour engager des frontaliers avec un salaire plus bas que pour un résident suisse. Beaucoup de frontaliers sont venus ‘des quatre coins de la France’ s’établir en zone frontalière coté français et il est avéré qu’ils sont engagés plus facilement que des résidents suisses dans plusieurs entreprises frontalières.

    Sur la forte proportion d’abstention, les objets des votations, de la démocratie directe suisse, sont de plus en plus ‘grouper’ en un seul et unique sujet. La grande majorité de la population souhaiterait souvent voter ‘oui’ pour une partie de l’objet et ‘non’ pour une autre partie. Or le citoyen, s’il dit oui à ‘une partie de la loi votée’ doit dire oui à son ensemble.

    Récemment, d’autres formes de propositions ont été soumises au peuple Suisse, c’est à dire, exactement le contraire. Un objet est présenté en deux articles et si le citoyen qui décide de ‘dire oui’, doit voter oui à l’un des articles et non à l’autre. Deux presque mêmes lois sont présentées au citoyen pour le même objet et les choses sont présentées de telle façon que beaucoup de personne, en premier celles dont la langue maternelle n’est pas le français, voteront soit deux fois oui, soit deux fois non. Cela gèle ainsi entièrement les votations.

    Exemple fictif de votation sur une taxe supplémentaire sur un produit. La très grande majorité de la population souhaite voter NON. Mais en ’emballant bien ‘les questions posées, on arrive à faire dire au citoyen le contraire de ce qu’il souhaite …

    Ceci dit, si je vous lis entre les lignes, je peux y voir un peu de : ‘moi j’habite depuis toujours à tel endroit et je souhaiterais garder les avantages que m’offre tel endroit ! 😉

    Bonne soirée ! 🙂

    • Merci pour votre commentaire.

      Concernant votre première précision, à savoir à quoi correspond le pourcentage des personnes inscrites officiellement à l’office du chômage, il en est un peu de même en France. Cela est déplorable, chez vous comme chez nous, et je vous suis entièrement sur ce point.

      Que certaines entreprises suisses emploient plus facilement des frontaliers français, allemands ou italiens, en leur versant un salaire moindre que celui qu’elles seraient en mesure de devoir verser à un employé de nationalité suisse, là encore je trouve cela fort regrettable. Tout travail mérite salaire et le même salaire quel que soit la nationalité ou le sexe de l’employé(e). Ce qui prime (devrait primer) n’est-ce pas la qualité du travail réalisé et non la nationalité du travailleur? Ne pas oublier non plus que certaines entreprises suisses ont la fâcheuse tendance à traiter les employés frontaliers un peu comme des Kleenex les jetant sans remord quand elles n’en ont plus besoin; des situations souvent bien précaires pour ces « étrangers »; ceci aussi est inacceptable, pour vous comme pour nous. Vous semblez craindre que des travailleurs étrangers prennent la place des Suisses, leur volent le pain de la bouche; il n’y a pas si longtemps de cela « on » pensait la même chose du travail des femmes…;) Décidément, la peur est mauvaise conseillère.

      Si les contenus des référendums auxquels vous êtes soumis vous semblent mal formulés, mais non d’une pipe réagissez, ne vous laissez pas faire ! Ne soyez pas des moutons de Panurge ! Ne dites pas oui et amen à n’importe quoi !

      Quant à votre dernier paragraphe, raté de chez raté 😉 Aucun membre de notre famille n’a été ni est employé en Suisse (euh si, j’oubliais… ma fille a illustré des albums Jeunesse au Nord Süd Verlag 😉 ) et pourtant les offres alléchantes ne manquent pas, surtout pour trois des nôtres (médecin anesthésiste réanimateur, médecin nucléaire, ingénieur en informatique). Alors parler des soi-disant avantages qu’offrent les régions frontalières, je trouve cela petit, très petit. Au lieu d’avantages unilatéraux, pensons plutôt chances bilatérales, occasions de partage et d’enrichissement mutuels et ce non pas uniquement au plan financier…

      Bien cordialement…Qui sait, peut-être aurons-nous un jour l’occasion de nous rencontrer en France ou en Suisse 😉

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